mardi 8 avril 2014

À quelques secondes près

Ce qui est bien, avec Harlan Coben, c'est qu'on est à peu près certain de passer un bon moment à lire ses livres. À quelques secondes près ne fait pas exception : histoire bien charpentée, écriture fluide, suspense et rebondissements, tous les ingrédients d'un bon roman sont réunis dans ce livre.
Ce n'est certes pas ce que j'ai lu de plus transcendant dans ma vie, loin s'en faut, mais j'ai aimé. Je pense que les fans de Coben ne me contrediront pas.

Incipit :
Il y a des moments dans la vie qui changent tout.
Quand je dis “tout”, je ne parle pas de petites choses, comme vos céréales préférées, la filière que vous choisissez au lycée, la fille dont vous tombez amoureux ou l'endroit où vous allez passer les vingt prochaines années. Je parle de changement radical. En une seconde, tchac ! votre monde entier bascule. Toutes les règles s'inversent, tout ce que vous preniez pour la réalité est remis en cause.
Le haut devient le bas. La gauche devient la droite.
La mort devient la vie.

dimanche 30 mars 2014

Un visage dans la foule

Cette nouvelle de Stephen King et Stewart O'Nan a été publiée en France fin mars 2014, en version numérique.
Un peu moins de 40 pages pour une histoire étrange, captivante, mais pas si originale que ça, sur le thème de la mort.
Il reste à espérer, pour les fans de Stephen King ne possédant pas de liseuse électronique, que cette nouvelle sortira vite au format papier (tout comme Sale gosse)...

Incipit :
L'été qui suivit la mort de sa femme, Dean Evers se mit à regarder les matchs de baseball avec assiduité. Comme nombre de retraités originaires de Nouvelle-Angleterre, c'était un fan des Red Sox de Boston qui, ayant fui les vents de noroit pour le golfe de Floride, avait fait preuve de magnanimité en supportant également des Devil Rays de Saint Petersburg, une équipe qui allait alors de défaite en déroute. Bien qu'il ait entraîné des cadets, il n'avait jamais été un mordu de baseball ­­— contrairement à son fils Pat, qui en était obsédé —, mais cependant, soir après soir, alors que les feux du couchant bariolaient le ciel à l'ouest, il se surprenait de plus en plus souvent à inviter les Rays pour peupler son appartement vide.

mercredi 26 mars 2014

Hexagone - Sur les routes de l'histoire de France

Au-delà des polémiques stériles (et bien franchouillardes) qui ont accompagné la sortie de ce livre, voici un bon et très agréable moyen de revoir son histoire de France sur... 26 siècles et autant de chapitres. Tout ça en prenant pour points de départ les routes de notre pays. 13 573 km en tout. Un régal. Après avoir lu ce livre, vous ne traverserez plus certaines villes, ne parcourrez plus certaines routes aussi indifféremment qu'avant. Et si vous voulez creuser un peu certains passages, vous pouvez toujours vous reporter à la bibliographie particulièrement riche sur laquelle Lorànt Deutsch s'est appuyé, en complément de ses propres pérégrinations.
C'est bien écrit, passionnant à souhait, instructif. Bref, à mettre entre toutes les mains !


Incipit :

Introduction

AUX SOURCES DE LA LA ROUTE...
Par la voie hérakléenne

La rue Saint-Jacques grimpe le flanc de la montagne Sainte-Geneviève et s'échappe, droite, décidée, comme pour s'en aller découvrir d'autres paysages. Je remonte cette voie qui fut le grand axe des Romains, le cardo autour duquel s'organisait toute la vie de Lutèce. Bientôt, la porte d'Orléans ; le périphérique au trafic incessant forme l'ultime muraille circulaire de la ville. À Paris comme ailleurs, c'est une route qui marque la limite.

dimanche 16 mars 2014

Sale gosse

Nouvelle, sortie en version numérique en France le 14 mars 2014.
Tous ses admirateurs vous le diront : Stephen KING n'a pas son pareil pour vous pondre des nouvelles percutantes et aussi effrayantes que ses romans. Sale gosse est exactement dans cette veine : en moins de 50 pages, KING vous assène un coup de poing dans l'estomac, un uppercut sous le menton et un grand coup sur la nuque. Ou c'est comme un tour de grand huit : court mais intense !
Vous l'avez compris, j'ai adoré cette nouvelle.
Et, comme tous les petits veinards ayant fait l'acquisition de ce livre numérique, j'ai eu le privilège de pouvoir lire les premières pages de Joyland, qui sortira en France dans les prochaines semaines. Et j'en ai déjà l'eau à la bouche !


Incipit :
La prison était située à trente kilomètres de la petite ville la plus proche sur une étendue de prairie déserte où le vent soufflait pratiquement en continu. Dressé sur l'horizon, le bâtiment principal était une horreur en pierre perpétrée contre le paysage au début du vingtième siècle. Sur ses deux flancs, des cellules en béton avaient poussé l'une après l'autre au cours des quarante-cinq dernières années, principalement grâce au flot d'argent fédéral qui avait commencé à couler durant les années Nixon et ne s'était presque jamais tari depuis.

jeudi 20 février 2014

Après

Novembre 1918 : c’est la fin de la guerre, la fin de l’enfer pour des millions d’hommes dont certains viennent de passer quatre ans à se battre. Nous voici côté allemand, avec le retour au pays de tous ces soldats qui, au fond des tranchées, dans le froid, la boue, le bruit incessant des bombardements et la mort qui rôdait en permanence autour d’eux, ne rêvaient que de ce retour à une vie paisible. Le voici enfin arrivé, ce jour !
Mais les désillusions vont être à la mesure de l’enfer qu’ils viennent de vivre.
Erich Maria Remarque décrit, avec ce style qu’on lui connaît (À  l’Ouest, rien de nouveau), ce retour douloureux à la vie civile de ces hommes dont la plupart sortaient à peine de l’enfance, naïfs mais enthousiastes, prêts à croquer la vie à pleines dents quand ils partirent à la guerre.
Ce que cette jeunesse allemande sacrifiée a vécu et que nous relate Remarque pourrait être transposé aux hommes de toutes les nations qui participèrent aux combats de 14-18 : la première Guerre Mondiale a englouti non seulement des millions de vies, mais aussi les illusions, les espoirs, la fraîcheur de toute une génération littéralement mutilée, dans sa chair comme dans son esprit.
Ce livre est simple, sans fioritures. Mais il n’est pas froid. On sent, derrière les mots de Remarque, une tristesse, une lassitude, une certaine résignation même, mais aussi de la tendresse. Des mots écrits par un homme qui a vécu dans sa chair et son âme cette guerre et les premières semaines, les premiers mois, les premières années qui suivirent l’Armistice et qui l’amenèrent à fuir sa propre patrie, celle pour laquelle il avait sacrifié toute sa jeunesse. Pour rien ? La réponse est peut-être donnée par les personnages de ce roman…
Alors que le centenaire de cette guerre va être commémoré pendant les quatre années qui viennent, voici assurément un livre qu’il faut lire pour saisir, en partie, ce que fut cette époque et les conséquences monstrueuses de ce conflit qui allait, inévitablement, en appeler un autre.

(Livre offert par Babelio, dans le cadre de l'opération "Masse Critique")

Incipit :
Les routes s'allongent à travers la campagne ; les villages baignent dans la lumière grise ; les arbres frémissent et les feuilles tombent... tombent...
Grises, dans leurs uniformes sales couleur de cendre, les colonnes cheminent pas à pas sur la route. Sous les casques d'acier, des faces incultes, hâves, creusées par la faim et la misère ; des faces épuisées, réduites aux seuls sillons qu'y tracèrent l'horreur, la bravoure et la mort.


mardi 11 février 2014

L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA

Avec un titre pareil, on pouvait s'attendre à tout et à n'importe quoi...
Un peu plus de 220 pages plus loin, j'en ai encore les zygomatiques tout détendus et je continue de penser à ce fakir facétieux qui m'a entraîné dans un voyage peu banal... Et qui m'a donné, en passant, matière à réfléchir (un peu) sur la condition humaine dans nos sociétés modernes et riches.
Ce bouquin, bourré de clichés que l'auteur s'empresse d'ailleurs de démonter à coups de petites phrases assassines, est comme un verre d'eau fraîche après un café serré : on ne peut plus s'en passer une fois qu'on a essayé.
Ce n'est certes pas de la grande littérature, mais c'est drôle, captivant, bien écrit... Bref, un vrai moment de détente. On en redemande.

Incipit :
Le premier mot que prononça l'Indien Ajatashatru Lavash Petel en arrivant en France fut un mot suédois. Un comble !
Ikea.
Voilà ce qu'il prononça à mi-voix.
Cela dit, il referma la porte de la vieille Mercedes rouge et patienta, les mains posées comme un enfant sage sur ses genoux soyeux.
Le conducteur de taxi, qui n'était pas sûr d'avoir bien entendu, se retourna vers son client, ce qui eut pour effet de faire craquer les petites billes en bois de son couvre-siège.