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mercredi 21 mai 2014

Joyland

Pour une (rare) fois que King ne verse pas dans son domaine de prédilection, à savoir l'horreur, ne boudons pas le plaisir de nous laisser emporter par ce bouquin (de moins de 300 pages, ce qui n'est pas courant chez lui) qui fleure bon la nostalgie des années 70, tout en gardant ce côté mystérieux et inquiétant qui suinte de toutes les histoires du célèbre écrivain américain.
Donc, pas d'horreur, au sens littéraire du terme, dans cette histoire par ailleurs émouvante.
Les inconditionnels de Stephen King vont aimer. Les autres seront peut-être un peu désorientés, voire déçus, par ce livre qui suit de quelques mois seulement la parution de Docteur Sleep.


Incipit :
J'avais une voiture, mais au cours de cet automne 1973, je suis allé à Joyland à pied presque tous les jours depuis le petit gîte de bord de mer de Mrs. Shoplaw où je logeais à Heaven's Bay. Ça me semblait la meilleure chose à faire. La seule, à vrai dire. Début septembre, la plage de Heaven's Bay est quasiment déserte. Et ça m'allait. Car cet automne-là fut le plus beau de ma vie, même quarante ans plus tard je peux le dire. Et je n'ai jamais été aussi malheureux de ma vie, ça aussi je peux le dire.

dimanche 30 mars 2014

Un visage dans la foule

Cette nouvelle de Stephen King et Stewart O'Nan a été publiée en France fin mars 2014, en version numérique.
Un peu moins de 40 pages pour une histoire étrange, captivante, mais pas si originale que ça, sur le thème de la mort.
Il reste à espérer, pour les fans de Stephen King ne possédant pas de liseuse électronique, que cette nouvelle sortira vite au format papier (tout comme Sale gosse)...

Incipit :
L'été qui suivit la mort de sa femme, Dean Evers se mit à regarder les matchs de baseball avec assiduité. Comme nombre de retraités originaires de Nouvelle-Angleterre, c'était un fan des Red Sox de Boston qui, ayant fui les vents de noroit pour le golfe de Floride, avait fait preuve de magnanimité en supportant également des Devil Rays de Saint Petersburg, une équipe qui allait alors de défaite en déroute. Bien qu'il ait entraîné des cadets, il n'avait jamais été un mordu de baseball ­­— contrairement à son fils Pat, qui en était obsédé —, mais cependant, soir après soir, alors que les feux du couchant bariolaient le ciel à l'ouest, il se surprenait de plus en plus souvent à inviter les Rays pour peupler son appartement vide.

dimanche 16 mars 2014

Sale gosse

Nouvelle, sortie en version numérique en France le 14 mars 2014.
Tous ses admirateurs vous le diront : Stephen KING n'a pas son pareil pour vous pondre des nouvelles percutantes et aussi effrayantes que ses romans. Sale gosse est exactement dans cette veine : en moins de 50 pages, KING vous assène un coup de poing dans l'estomac, un uppercut sous le menton et un grand coup sur la nuque. Ou c'est comme un tour de grand huit : court mais intense !
Vous l'avez compris, j'ai adoré cette nouvelle.
Et, comme tous les petits veinards ayant fait l'acquisition de ce livre numérique, j'ai eu le privilège de pouvoir lire les premières pages de Joyland, qui sortira en France dans les prochaines semaines. Et j'en ai déjà l'eau à la bouche !


Incipit :
La prison était située à trente kilomètres de la petite ville la plus proche sur une étendue de prairie déserte où le vent soufflait pratiquement en continu. Dressé sur l'horizon, le bâtiment principal était une horreur en pierre perpétrée contre le paysage au début du vingtième siècle. Sur ses deux flancs, des cellules en béton avaient poussé l'une après l'autre au cours des quarante-cinq dernières années, principalement grâce au flot d'argent fédéral qui avait commencé à couler durant les années Nixon et ne s'était presque jamais tari depuis.

jeudi 23 janvier 2014

Docteur Sleep

Encore un excellent roman de Stephen King !
Docteur Sleep peut être considéré comme une suite de Shining, l'enfant lumière. On y retrouve tous les ingrédients habituels des bouquins du maître de l'épouvante, la maturité en plus.
Si vous avez oublié (ou n'avez pas lu) Shining, je vous recommande de jeter un œil sur le résumé du livre ici. Mais ce n'est pas une obligation. Cela vous donnera juste quelques clés supplémentaires pour savourer pleinement une histoire qui tient le lecteur en haleine jusque dans les dernières pages.
Et comme toujours avec Stephen King, on prend tellement de plaisir à lire ses histoires qu'on est un peu triste lorsque l'on atteint le point final et qu'on se dit : vivement le prochain (en mai 2014 si mes informations sont bonnes !).

Incipit :
Le deuxième jour du mois de décembre d'une année où un planteur de cacahuètes de Géorgie était aux affaires à la Maison-Blanche, l'un des plus grands hôtels de villégiature du Colorado brûla de fond en comble. L'Overlook fut déclaré perte totale. Après enquête, le chef du service des incendies du comté de Jicarilla attribua la cause de l'incendie au mauvais fonctionnement d'une chaudière. L'hôtel était fermé pour l'hiver lorsque l'accident se produisit et seules quatre personnes étaient présentes sur les lieux. Trois d'entre elles en réchappèrent. John Torrance, le gardien de l'hôtel, trouva la mort en tentant vainement (et héroïquement) de faire tomber la pression de la vapeur qui avait atteint un niveau anormalement élevé dans la chaudière en raison d'une soupape de sécurité défectueuse.

mardi 19 mars 2013

22/11/63

Avant toute chose, je rappelle que je suis un vrai fan de Stephen KING, dont j'ai lu tous les livres. Autant vous dire que j'attendais ce dernier roman avec impatience.
Et, comme presque toujours, je n'ai pas été déçu. C'est du grand, très grand KING. Et si vous ne connaissez toujours pas cet auteur, commencez donc par ce livre, vous risquez fort de rejoindre le très grand club des lecteurs inconditionnels de Stephen KING !
Dans ce roman, pas d'horreur, pas d'épouvante (donc loin des clichés habituels associés, un peu trop systématiquement, à cet auteur).  KING revisite le thème du voyage dans le temps et la théorie de l'effet papillon, tout en nous livrant une approche particulièrement bien documentée de l'Amérique de la fin des années 50 et du début des années 60, et de l'assassinat de JFK.
Pour les fans de KING, je précise qu'à partir de la page 163 (chez Albin Michel), l'auteur s'amuse avec le lecteur puisqu'il fait référence à un autre de ses gros succès littéraires (Ça , 1986) en faisant se rencontrer le personnage principal de 22/11/63 avec deux des héros de Ça (Richie et Bevvie).
Bref, ce (gros) livre compte désormais parmi les meilleurs romans écrits par Stephen KING. La version française, que l'on doit à Nadine GASSIE, est excellente (et, chose de plus en plus rare aujourd'hui, il y a peu de coquilles !).
Que vous aimiez ou non Stephen KING, il est impossible que vous n'aimiez pas ce livre !

Incipit :
J'ai jamais eu "la larme facile", comme on dit.
Si j'en crois mon ex-épouse, mon "gradient d'émotion inexistant" est la raison principale pour laquelle elle m'a quitté (comme si le mec qu'elle avait rencontré à ses réunions des Alcooliques anonymes n'y était pour rien). Christy supposait qu'elle pouvait me pardonner, disait-elle, de ne pas avoir versé de larmes à l'enterrement de son père : je ne le connaissais que depuis six ans et ne pouvais comprendre quel homme merveilleux et généreux c'était (une Mustang décapotable comme cadeau de fin d'études secondaires, par exemple).
Mais par la suite, quand je n'ai pas versé de larmes à l'enterrement de mes deux parents - ils sont morts à tout juste deux ans d'intervalle, mon père d'un cancer de l'estomac et ma mère d'une crise cardiaque foudroyante en marchant sur une plage de Floride - elle a commencé à comprendre cette histoire de gradient d'émotion inexistant. J'étais "incapable de ressentir mes sentiments", en jargon AA.

vendredi 6 juillet 2012

Nuit noire, étoiles mortes

Voici quatre nouvelles joliment troussées par un Stephen KING qui maîtrise son art.
Dans ces quatre histoires, le point de départ est toujours à peu près le même : des personnes ordinaires, vivant une vie ordinaire, voire quelconque, voient celle-ci basculer brusquement dans l'horreur.
Je vous recommande la lecture de la post-face, qui permet de comprendre le contexte d'écriture de chacune de ces nouvelles.

Recueil de quatre nouvelles :
- 1922
- Grand chauffeur
- Extension claire
- Bon ménage
Postface

lundi 11 avril 2011

Le Dôme (1 et 2)

Prenez un communauté d'êtres vivants : ce pourrait être une fourmilière, mais nous allons choisir une petite ville américaine du Maine. Soudain, placez une cloche sur cette communauté, coupez-la du reste du monde sous cette paroi transparente... et regardez-la évoluer, se détruire de l'intérieur. C'est ce que Stephen King nous propose dans ce (double) livre. C'est à la fois fascinant (comme lorsque, enfants, nous mettions le feu à une fourmilière avec une loupe, par exemple) et terrifiant. Terrifiant à la mode King, qui manie l'horreur comme personne d'autre, la faisant naître du comportement d'êtres humains qui, en situation normale, ne seraient (peut-être) jamais devenus des monstres.
Ce roman publié en deux tomes est totalement captivant, et ce dès les premières pages. Ici, pas de grand-guignol : juste l'horreur à l'état pur, celle que des cerveaux humains peuvent engendrer.
Un livre à dévorer !

Incipit :
A deux mille pieds d'altitude, Claudette Sanders prenait une leçon de pilotage. La petite ville de Chester's Mill étincelait dans la lumière du matin, pimpante comme si elle venait juste d'être créée. Des voitures roulaient au pas dans Main Street, renvoyant les clins d’œil du soleil. Le clocher de la première église congrégationaliste paraissait assez effilé pour transpercer le ciel sans nuages. Le soleil courait à la surface de la Prestile, suivant la progression du Seneca V ; avion et cours d'eau coupaient la ville selon la même diagonale.

jeudi 7 octobre 2010

Juste avant le crépuscule

Présentation :
Recueil de 13 nouvelles inédites de Stephen King, publié aux USA en 2008.

Stephen KING renoue ici avec bonheur avec l'exercice de style qu'est la nouvelle.
Je recommande aux lecteurs de ne pas oublier de parcourir l'introduction et les notes (en fin de livre), qui permettent de mieux comprendre le contexte de ce recueil de nouvelles... et ce qui a inspiré chacune d'elles : c'est assez étonnant, et pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas trop S. King, ça donne un très bon aperçu de la personnalité de cet écrivain qui continue, pour ma part, de me ravir et de m'étonner à chaque nouveau livre qu'il publie.

Petite note, qui n'a rien à voir avec le fond : la traduction française n'est pas impeccable : beaucoup de fautes, de coquilles (erreurs de frappe ?)... Albin Michel nous a habitués à mieux que ça. C'est dommage, ça gâche (un tout petit peu) le plaisir de lire ce bouquin.

mardi 10 novembre 2009

Duma Key

C'est l'histoire d'Edgar Freemantle, dont la vie bascule suite à un grave accident qui lui fait perdre un bras et bouleverse sa vie professionnelle et familiale. Il se réfugie sur l'île de Duma Key, en Floride... et se découvre un talent extraordinaire de peintre...
Mais nous sommes là avec Stephen King, et le fantastique reste sa "spécialité" ! Et on est servi avec ce roman excellent. King, partant d'un accident de la vie, brosse une histoire fantastique avec des personnages extraordinaires de vérité.
Un très très bon Stephen King.

Incipit :
Je m'appelle Edgar Freemantle. Mon entreprise comptait parmi les plus importantes dans le domaine des travaux publics. Au Minnesota, dans mon autre vie. C'est Wireman qui m'a appris ce truc de mon autre vie. Je vous parlerai de Wireman mais, pour l'instant, réglons la question du Minnesota.

jeudi 1 janvier 2009

Blaze

Ce livre n'est pas le dernier de Stephen KING, puisqu'il a été écrit en 1973, à une époque où l'écrivain utilisait le pseudo de Richard BACHMAN. Le manuscrit est resté dans un fond de tiroir jusqu'en 2008, année où KING l'a "dépoussiéré" et, surtout, publié !
Ce n'est pas une histoire d'horreur dans le style habituel de Stephen KING. Le personnage central, Blaze, est un pauvre gars (un géant de 2m et plus de 120 kg), dont l'enfance a été gâchée par un père alcoolique et un accident qui l'a rendu "simple d'esprit". Il enlève un bébé et toute l'histoire se déroule autour de cet enlèvement, et de très nombreux "flashbacks" qui permettent au lecteur de reconstituer tout le passé de Blaze, et de comprendre comment il en est arrivé là. A la fin du livre, le lecteur a fini par s'attacher à ce personnage, de la même manière que Blaze s'attache au bébé qu'il a enlevé.
La fin est triste, mais bien dans l'esprit de KING/BACHMAN...
Encore un très bon bouquin !

mercredi 31 octobre 2007

Histoire de Lisey


Ce Stephen King est une vraie perle. Tout l'art de l'auteur américain s'y retrouve.
Un coup de chapeau particulier pour la traductrice de ce bouquin, Nadine GASSIE, qui a su rendre les trouvailles (et le style très particulier) de King en français.