dimanche 19 mai 2013

Salut Marie !

Encore un petit roman bien sympa, qui se lit d'une traite ou presque, drôle et un rien insolent, à ne surtout pas prendre au premier degré !
J'ai beaucoup aimé le style de l'auteur, qui semble avoir une prédilection pour les petites phrases savoureuses. Exemples :
"Je pense qu'il a un bon fond, expression consacrée pour dire que la forme laisse terriblement à désirer."
"Elle est si ennuyeuse que les haines les plus farouches s'endorment à ses pieds."
"Son visage n'est pas sans charme, pas avec non plus."
"La bicyclette a été inventée par un misanthrope créatif pour ridiculiser l'être humain et distiller une pollution esthétique, sur laquelle les consciences écologiques matérialistes ne s'attardent pas assez."
Un peu moins de 150 pages savoureuses, que je recommande chaudement !

Incipit :
La Vierge m'est apparue le 1er avril 2008. La date était mal choisie. Je sais qu'humour et spiritualité ne sont pas toujours antagonistes mais sincèrement, j'aurais préféré le 31 mars.
Comme prévu, mes proches ont reçu la nouvelle comme un canular. Mon frère m'a précisé qu'il déjeunait le jour même avec sainte Thérèse. La conversation a tourné court.
Je l'ai vue. C'est vrai. Vous dire à quoi elle ressemble, c'est facile. Une jolie femme, la trentaine, brune, en robe bleu pâle, nimbée d'azur, perchée sur un croissant de lune.

mercredi 1 mai 2013

7 ans après...

C'est mon premier livre de Guillaume MUSSO. Je crois qu'il y en aura d'autres.
Lui est un célèbre luthier new-yorkais. Elle est belle et a un pouvoir irrésistible de séduction sur les hommes. De leur union sont nés des jumeaux.
Ils ont divorcé, et leur relation est aujourd'hui très tendue. Tout les oppose. Pourtant... Ils vont devoir à nouveau faire route commune (de New-York au Brésil, en passant par Paris), pour venir en aide à l'un de leurs enfants.
Voilà pour la trame de l'histoire. C'est fluide, plein de rebondissements, bien documenté. C'est aussi une belle histoire d'amour, dans laquelle les enfants sont des acteurs à part entière.
Un très bon livre.

Incipit :
Pelotonnée sous sa couette, Camille observait du fond de son lit le merle posé sur le rebord de la fenêtre. Le vent d'automne bruissait à travers la vitre, le soleil jouait entre les feuillages, projetant ses reflets mordorés sur les parois de la verrière. S'il avait plu toute la nuit, le ciel brillait à présent d'un bleu limpide qui annonçait une belle journée d'octobre.
Couché au pied du lit, un golden retriever à poil crème leva la tête en pointant le bout de sa truffe.
- Viens, mon Buck, viens, mon beau ! l'invita Camille en tapotant son oreiller.

dimanche 21 avril 2013

Quai des cadavres

Encore un auteur nordiste qui gagne à être connu ! Quai des cadavres est, à mon avis, un livre à l'image de Jean-Pierre BOCQUET : érudit, très érudit même, tout en pleins et en déliés, à l'humour discret et parfois corrosif, calme et policé en apparence, mais bouillonnant  et éruptif sous cette surface trompeuse.
Le livre en lui-même est très bien, même s'il m'a fallu, dès les premières pages, m'armer d'un dictionnaire (heureusement, on en fait en version électronique que vous pouvez garder sous la main en permanence !), tant il y avait de mots rares, voire étranges, dont j'ignorais totalement le sens. Quelques exemples ? cachectique, anachorète, bétyle, murgalée, surrection, ...
Si vous ne connaissez rien au monde de la franc-maçonnerie, ce livre vous mettra au parfum de la meilleure manière qui soit.
J'ai bien aimé également, au-delà de l'intrigue elle-même, les descriptions de Dunkerque et ses environs. Par pure coïncidence, l'auteur nous gratifie aussi d'une description de la ville de Béziers (où j'habite depuis un peu plus d'un an, après plus de quatorze années passées dans le Nord), très réussie là encore, même si l'on sent bien que Jean-Pierre est moins au fait de l'atmosphère languedocienne que de celle des Flandres.
En résumé, un très bon livre, bien charpenté, très (trop ?) érudit, et qui donne envie d'en lire plus de la plume de Jean-Pierre BOCQUET.

Incipit :
Échappant encore aux regards du jeune joggeur, le soleil se levait, disséminant à l'est une aurore rosâtre qu'emprisonnaient tour à tour les moëres, les villages accrochés à leurs clochers et les enchevêtrements urbains de Dunkerque. La clarté s'insinuait déjà dans les interstices de la ville, découpant les silhouettes géométriques des maisons ou des immeubles, dessinant sur le fond de plus en plus bleu de ce ciel matinal de mai le beffroi, l'hôtel de ville et le phare de Risban, immémorial veilleur immobile.

lundi 1 avril 2013

Si c'était à refaire

J'ai commencé la lecture de ce livre aussitôt après celui de Stephen KING. Et voilà, pure coïncidence, que je me suis retrouvé, apparemment, avec une nouvelle histoire de retour dans le passé. Bon, en fait c'est un peu plus subtil que ça. LÉVY et KING ne jouent pas tout à fait dans la même cour. Et le voyage dans le temps proposé par LÉVY prend une tournure originale... dans les dernières pages du livre, dont je ne dévoilerai pas ici le contenu.
L'histoire est bien enlevée : nous sommes en juillet 2012. Andrew, journaliste au New York Times et qui vient d'écrire un article sur les exactions de la junte militaire argentine dans les années 70 (et plus particulièrement le vol de bébés), est poignardé en pleine rue. Lorsqu'il reprend connaissance, il est revenu 62 jours en arrière. C'est le temps qu'il a devant lui pour découvrir qui a voulu l'assassiner.
Un excellent bouquin.

Incipit :
Se fondre dans la foule, jouer ce drôle de drame sans que personne se rende compte de rien, se souvienne de quoi que ce soit.
Un jogging, tenue de circonstance pour passer inaperçu. Le long de River Park, à 7 heures du matin, tout le monde court. Dans une ville où le temps est minuté, où les nerfs de chacun sont mis à rude épreuve, on court ; on court pour entretenir son corps, effacer les excès de la veille, prévenir le stress de la journée à venir.

mardi 19 mars 2013

22/11/63

Avant toute chose, je rappelle que je suis un vrai fan de Stephen KING, dont j'ai lu tous les livres. Autant vous dire que j'attendais ce dernier roman avec impatience.
Et, comme presque toujours, je n'ai pas été déçu. C'est du grand, très grand KING. Et si vous ne connaissez toujours pas cet auteur, commencez donc par ce livre, vous risquez fort de rejoindre le très grand club des lecteurs inconditionnels de Stephen KING !
Dans ce roman, pas d'horreur, pas d'épouvante (donc loin des clichés habituels associés, un peu trop systématiquement, à cet auteur).  KING revisite le thème du voyage dans le temps et la théorie de l'effet papillon, tout en nous livrant une approche particulièrement bien documentée de l'Amérique de la fin des années 50 et du début des années 60, et de l'assassinat de JFK.
Pour les fans de KING, je précise qu'à partir de la page 163 (chez Albin Michel), l'auteur s'amuse avec le lecteur puisqu'il fait référence à un autre de ses gros succès littéraires (Ça , 1986) en faisant se rencontrer le personnage principal de 22/11/63 avec deux des héros de Ça (Richie et Bevvie).
Bref, ce (gros) livre compte désormais parmi les meilleurs romans écrits par Stephen KING. La version française, que l'on doit à Nadine GASSIE, est excellente (et, chose de plus en plus rare aujourd'hui, il y a peu de coquilles !).
Que vous aimiez ou non Stephen KING, il est impossible que vous n'aimiez pas ce livre !

Incipit :
J'ai jamais eu "la larme facile", comme on dit.
Si j'en crois mon ex-épouse, mon "gradient d'émotion inexistant" est la raison principale pour laquelle elle m'a quitté (comme si le mec qu'elle avait rencontré à ses réunions des Alcooliques anonymes n'y était pour rien). Christy supposait qu'elle pouvait me pardonner, disait-elle, de ne pas avoir versé de larmes à l'enterrement de son père : je ne le connaissais que depuis six ans et ne pouvais comprendre quel homme merveilleux et généreux c'était (une Mustang décapotable comme cadeau de fin d'études secondaires, par exemple).
Mais par la suite, quand je n'ai pas versé de larmes à l'enterrement de mes deux parents - ils sont morts à tout juste deux ans d'intervalle, mon père d'un cancer de l'estomac et ma mère d'une crise cardiaque foudroyante en marchant sur une plage de Floride - elle a commencé à comprendre cette histoire de gradient d'émotion inexistant. J'étais "incapable de ressentir mes sentiments", en jargon AA.

vendredi 8 mars 2013

Le vieil homme et la mer

Paradoxalement, je n'avais jamais lu ce petit chef d'oeuvre (publié en 1952, et qui valut à Hemingway le Prix Nobel de littérature en 1954). En revanche, je connaissais le film de John Sturges (1958), qui mériterait d'ailleurs d'être rediffusé de temps en temps...
Ce court roman, dont on doit la traduction française à Jean Dutourd, raconte l'histoire d'un vieux pêcheur cubain qui, seul sur l'océan, va réussir à attraper un énorme espadon (ou marlin) après une lutte de trois jours, lequel sera dévoré par les requins avant le retour du vieil homme au port. Une histoire de courage et d'humilité, où la défaite (le pêcheur ne peut pas lutter jusqu'au bout contre les requins) est aussi belle que la victoire. C'est aussi une belle leçon de vie.

Incipit :
Il était une fois un vieil homme, tout seul dans son bateau qui pêchait au milieu du Gulf Stream. En quatre-vingt-quatre jours, il n'avait pas pris un poisson. Les quarante premiers jours, un jeune garçon l'accompagna ; mais au bout de ce temps, les parents du jeune garçon déclarèrent que le vieux était décidément et sans remède salao ce qui veut dire aussi guignard qu'on peut l'être. On embarqua donc le gamin sur un autre bateau, lequel, en une semaine, ramena trois poissons superbes.