dimanche 4 novembre 2012

Une place à prendre

Pas facile de faire oublier que l'on est l'auteur des "Harry Potter"...
J.K. ROWLING nous dévoile, à travers ce livre très noir, à cent mille lieues de ses écrits précédents, une autre facette de son talent d'écrivain.
L'histoire se déroule dans un petit village (Pagford) qui jouxte une cité "sensible" (les Champs). Le décès d'un membre influent du conseil municipal de Pagford sert de point de départ à une histoire dans laquelle les masques tombent petit à petit (rancoeurs retenues, haines cachées, amours impossibles). ROWLING nous dépeint deux mondes que tout oppose (de manière un peu caricaturale, parfois...), et les fils des vies de tous les personnages se nouent au fil des pages, avant de se dénouer brutalement.
Un bon livre, sans plus, qui se lit facilement.

Incipit :
Dimanche
Barry Fairbrother ne voulait pas aller dîner. Une migraine épouvantable le harcelait depuis le début du week-end, et il était embarqué dans une course contre la montre pour rendre un article à temps avant le bouclage du journal local.
Mais sa femme s'était montrée un peu sèche et distante au cours du déjeuner, et Barry en avait déduit que la petite carte offerte pour leur anniversaire de mariage ne l'avait en rien absous du crime dont il s'était rendu coupable en s'enfermant toute la matinée dans son bureau. Et pour écrire un article à propos de Krystal, par-dessus le marché ; Krystal que Mary n'avait jamais aimée, même si elle affirmait le contraire.

lundi 29 octobre 2012

Barbe bleue

Amélie NOTHOMB a un style bien à elle, inimitable. On aime ou on n'aime pas. Personnellement, je me régale à la lire. Ce nouvel opus est un petit bijou d'humour. Amélie nous donne une version très personnelle du mythe de Barbe Bleue, et la chute est à la hauteur de l'extravagance de cette histoire dont on attend avec impatience le dénouement, en toute fin de livre.
Excellent !

Incipit :
Quand Saturnine arriva au lieu du rendez-vous, elle s'étonna qu'il y ait autant de monde. Certes, elle s'était doutée qu'elle ne serait pas l'unique candidate ; de là à être reçue dans une salle d'attente, où quinze personnes la précédaient, il y avait une marge.

jeudi 27 septembre 2012

Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus

Un régal de petit livre ! Le lecteur, au fil des pages, partage les doutes du narrateur, quant à l'existence réelle ou non de ces dix enfants de Madame Ming, dont l'activité ("dame pipi") est aussi étonnante ici que la personnalité. La vérité n'apparaît que dans les dernières pages, pour le plus grand plaisir du lecteur.
Au-delà de l'histoire même, charmante, voire drôle, c'est une jolie réflexion sur la vie. Et la (re)découverte d'une certaine philosophie  très asiatique du quotidien...

Incipit :
La Chine, c'est un secret plus qu'un pays.
Madame Ming, l'oeil pointu, le chignon moiré, le dos raidi sur son tabouret, me lança un jour, à moi, l'Européen de passage :
- Nous naissons frères par la nature et devenons distincts par l'éducation.
Elle avait raison... Même si je la parcourais, la Chine m'échappait. À chacun de mes voyages, son sol s'étendait, son histoire s'évaporait, je perdais mes jalons sans en gagner de nouveaux ; malgré mes progrès en cantonais, en dépit de mes lectures, quoique je multipliasse les contrats commerciaux avec ses habitants, la Chine reculait à mesure que j'avançais, tel l'horizon.

mercredi 5 septembre 2012

La gloire de mon père

Quel plaisir de se replonger dans ce livre, que je n'avais pas relu depuis... le collège. Il était là, sur mes étagères, à attendre que je veuille bien accorder à nouveau un peu de mon attention à ses pages jaunies. Cet été, j'avais besoin d'un petit bouquin, pour me tenir compagnie sur la plage. C'est sur lui que j'ai jeté mon dévolu. Quel régal !
Du coup, il est probable que je relirai un de ces quatre les trois autres tomes (Le château de ma mère, Le temps des secrets et Le temps des amours).

Incipit :
Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers.
Garlaban, c'est une énorme tour de roches bleues, plantée au bord du Plan de l'Aigle, cet immense plateau rocheux qui domine la verte vallée de l'Huveaune.
La tour est un peu plus large que haute ; mais comme elle sort du rocher à six cents mètres d'altitude, elle monte très haut dans le ciel de Provence, et parfois un nuage blanc du mois de juillet vient s'y reposer un moment.

samedi 11 août 2012

Un homme à distance

Voici un petit bouquin (150 pages environ dans le format poche) qui permet de (re)découvrir Katherine Pancol, alors peu connue, et dont on cite plus aisément La valse lente des tortues ou Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi. Un homme à distance est l'histoire (d'amour) entre un homme et une femme, histoire qui s'écrit et se dévoile au fil des échanges épistolaires entre les deux principaux personnages de ce roman. Ça se lit vite et bien, c'est frais, bien ficelé... Bref, encore un excellent petit bouquin à glisser dans le sac de plage ! Ou à lire dans les transports en commun à la rentrée prochaine...

Incipit :
Ceci est l'histoire de Kay Bartholdi.
Kay est ma voisine, mon amie. Kay est plus que ça encore...
Un jour, Kay est entrée dans mon restaurant.
Elle a posé une grosse liasse de lettres sur la table. Elle m'a dit : Tu en fais ce que tu veux... Je ne veux plus les garder.
Et puis, elle s'est assise. On a pris un café. On a fumé une cigarette. On a parlé de la grande orque qui s'était échouée sur la plage, des méduses qui se hasardaient dans les eaux normandes, du réchauffement de la mer et on s'est demandé si tout ça n'était pas lié à la centrale nucléaire de Paluel.

vendredi 3 août 2012

Morts accidentelles

Bon, oui. C'est bien, mais ce n'est vraiment pas ce que j'ai lu de mieux ces dernières années. Ceci dit, l'histoire permet de mieux faire connaissance avec l'Inde, ses habitants, ses coutumes, sa société. L'intrigue en elle-même est assez plate, les rebondissements prévisibles, la psychologie des personnages juste ébauchée. Le tout manque un peu de relief. Bref, un bon roman "de plage", sans plus.

Incipit :
Lundi 15 octobre 2007
19h00
DELHI, INDE

Seuls les habitants de longue date de Delhi, qui étaient extraordinairement sensibles aux variations des rythmes de la circulation dans leur ville, auraient pu dire que le pic de l'heure de pointe était passé et que la situation allait en s'améliorant. La cohue semblait ne jamais devoir se résorber. Pour l'oreille inexpérimentée, la cacophonie des klaxons, des sirènes et des bruits stridents de toutes sortes restait aussi intense que douloureuse.