vendredi 6 juillet 2012

Nuit noire, étoiles mortes

Voici quatre nouvelles joliment troussées par un Stephen KING qui maîtrise son art.
Dans ces quatre histoires, le point de départ est toujours à peu près le même : des personnes ordinaires, vivant une vie ordinaire, voire quelconque, voient celle-ci basculer brusquement dans l'horreur.
Je vous recommande la lecture de la post-face, qui permet de comprendre le contexte d'écriture de chacune de ces nouvelles.

Recueil de quatre nouvelles :
- 1922
- Grand chauffeur
- Extension claire
- Bon ménage
Postface

jeudi 14 juin 2012

L'art français de la guerre

Ne vous laissez pas rebuter par les premières pages : le livre "prend son envol" lorsque débute l'évocation de la vie de Victorien Salagnon, qui va participer à la libération de la France en 44-45 et à ce qu'il appelle la guerre de 20 ans (Indochine et Algérie). Avec un angle de vue sur cette période agitée de l'histoire de France qui fait toute la force, tout l'attrait de ce livre... et explique le titre même de ce roman.
On ne ressort pas totalement indemne de cette lecture, qui oblige à considérer d'un œil neuf le déclin colonial de la France, les dégâts humains que trois guerres enchaînées sans pause ont provoqués, et dont les cicatrices ne sont pas encore complètement refermées dans notre société actuelle.
A lire en laissant de côté ses préjugés, ses opinions, voire ses certitudes sur cette période de notre Histoire...

Incipit :
Les débuts de 1991 furent marqués par les préparatifs de la guerre du Golfe et les progrès de ma totale irresponsabilité. La neige recouvrit tout, bloquant les trains, étouffant les sons. Dans le Golfe heureusement la température avait baissé, les soldats cuisaient moins que l'été où ils s'arrosaient d'eau, torse nu, sans enlever leurs lunettes de soleil. Oh ! ces beaux soldats de l'été, dont presque aucun ne mourut !

vendredi 13 avril 2012

Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi

C'est le premier livre de Katherine Pancol que je lis, et j'avoue volontiers y avoir pris beaucoup de plaisir. Ce roman est une suite de "La valse lente des tortues", on y retrouve en tout cas les mêmes personnages, que l'on suit dans leurs histoires respectives, histoires convergentes ou non, gaies ou tristes, mais dans lesquelles domine toujours la recherche de soi et des autres. C'est généreux, plein de vitalité, dynamique et revitalisant à souhait !
En format poche, le bouquin fait plus de 900 pages. 900 pages de bonheur à dévorer sans retenue. Comme la vie.

Incipit :
Hortense attrapa la bouteille de champagne au goulot et la renversa dans le seau à glace. La bouteille était pleine et cela fit un drôle de bruit. Le choc du verre contre la paroi de métal, le crissement des glaçons qu'on écrase puis un gargouillis suivi d'une pétarade de bulles qui éclatèrent à la surface en mousse translucide.

samedi 18 février 2012

Le requiem des abysses

Le requiem des abysses est la suite de Léviatemps (voir ci-dessous). On retrouve donc les mêmes personnages, quelques mois après.
Je dois dire que j'ai pris beaucoup plus de plaisir à lire ce deuxième opus que Léviatemps : intrigue plus travaillée, personnages mieux ciselés... et un dénouement plutôt inattendu, mais qui vient éclairer l'intrigue même de Léviatemps. Il y a donc une véritable continuité entre les deux ouvrages, à lire impérativement dans l'ordre pour apprécier complètement l'histoire dans sa globalité.
Je recommande tout particulièrement l'épitaphe du héros, qui constitue le tout dernier chapitre de ce roman : le parallèle entre le monde du début du vingtième siècle et celui du début du vingt-et-unième est plutôt "bien vu", troublant devrais-je même écrire...

Incipit :
La lune épousait la bestialité.
Et de cette union naquit la sauvagerie.
Le voile oblique traversait la haute fenêtre et posait un suaire d'argent scintillant sur la gueule béante qui surgissait d'un mur.
Les crocs rutilants jaillissaient entre les poils, saisissant la nuit comme un morceau de viande. Les pupilles allongées buvaient toute la pièce, les paupières écartées, comme si les yeux s'apprêtaient à sortir de leurs orbites, emportés par la rage.

samedi 21 janvier 2012

La mémoire fantôme

Intrigue bien ficelée (rebondissements jusque dans les dernières pages), écriture fluide, gros travail de documentation (en particulier sur le cerveau et l'amnésie sous toutes ses formes)... Bref, un roman qui se lit avec beaucoup de plaisir. Les gens du Nord y retrouveront des lieux qui leur sont très familiers. Les Bretons aussi d'ailleurs !
Un grand merci à Alexandra qui, en m'offrant ce livre, m'a fait découvrir un excellent auteur de polars... nordiste.

Incipit :
La rumeur rapportait qu'elle les avait tous tués. Une femme, un enfant de quatre ans, des hommes, retrouvés pendus, au fil des années. De génération en génération, la parole s'était répandue, déformée, amplifiée. Jamais il n'y eur de preuve, ni la moindre certitude. On soupçonnait, voilà tout. On prétendait même que, la nuit, les esprits du passé venaient à nouveau l'habiter, que d'étranges lumières dansaient à l'étage.

mardi 22 novembre 2011

Léviatemps

Sur fond d'exposition universelle à Paris, à l'aube du XXè siècle, une histoire de crimes horribles dont les victimes sont des prostituées... L'histoire est prenante, même s'il lui manque un petit quelque chose, en particulier dans les dernières pages...

Incipit :
Je m'appelle Guy.
Et je suis un lâche.
La pluie qui cogne contre les tuiles de la soupente sonne à ses oreilles tels des sanglots. Dans ce grenier qui est maintenant son antre, les quatre lucarnes laissent entrer l'éclat de chaque éclair comme l'embrasement de magnésium des flashes d'appareil photo, éclaboussant d'une lumière blanche chaque recoin, jetant les ombres sur le plancher gris. Mais la flamme de la bougie qui trône au milieu du grenier, elle, reste imperturbable.