samedi 18 février 2012

Le requiem des abysses

Le requiem des abysses est la suite de Léviatemps (voir ci-dessous). On retrouve donc les mêmes personnages, quelques mois après.
Je dois dire que j'ai pris beaucoup plus de plaisir à lire ce deuxième opus que Léviatemps : intrigue plus travaillée, personnages mieux ciselés... et un dénouement plutôt inattendu, mais qui vient éclairer l'intrigue même de Léviatemps. Il y a donc une véritable continuité entre les deux ouvrages, à lire impérativement dans l'ordre pour apprécier complètement l'histoire dans sa globalité.
Je recommande tout particulièrement l'épitaphe du héros, qui constitue le tout dernier chapitre de ce roman : le parallèle entre le monde du début du vingtième siècle et celui du début du vingt-et-unième est plutôt "bien vu", troublant devrais-je même écrire...

Incipit :
La lune épousait la bestialité.
Et de cette union naquit la sauvagerie.
Le voile oblique traversait la haute fenêtre et posait un suaire d'argent scintillant sur la gueule béante qui surgissait d'un mur.
Les crocs rutilants jaillissaient entre les poils, saisissant la nuit comme un morceau de viande. Les pupilles allongées buvaient toute la pièce, les paupières écartées, comme si les yeux s'apprêtaient à sortir de leurs orbites, emportés par la rage.

samedi 21 janvier 2012

La mémoire fantôme

Intrigue bien ficelée (rebondissements jusque dans les dernières pages), écriture fluide, gros travail de documentation (en particulier sur le cerveau et l'amnésie sous toutes ses formes)... Bref, un roman qui se lit avec beaucoup de plaisir. Les gens du Nord y retrouveront des lieux qui leur sont très familiers. Les Bretons aussi d'ailleurs !
Un grand merci à Alexandra qui, en m'offrant ce livre, m'a fait découvrir un excellent auteur de polars... nordiste.

Incipit :
La rumeur rapportait qu'elle les avait tous tués. Une femme, un enfant de quatre ans, des hommes, retrouvés pendus, au fil des années. De génération en génération, la parole s'était répandue, déformée, amplifiée. Jamais il n'y eur de preuve, ni la moindre certitude. On soupçonnait, voilà tout. On prétendait même que, la nuit, les esprits du passé venaient à nouveau l'habiter, que d'étranges lumières dansaient à l'étage.

mardi 22 novembre 2011

Léviatemps

Sur fond d'exposition universelle à Paris, à l'aube du XXè siècle, une histoire de crimes horribles dont les victimes sont des prostituées... L'histoire est prenante, même s'il lui manque un petit quelque chose, en particulier dans les dernières pages...

Incipit :
Je m'appelle Guy.
Et je suis un lâche.
La pluie qui cogne contre les tuiles de la soupente sonne à ses oreilles tels des sanglots. Dans ce grenier qui est maintenant son antre, les quatre lucarnes laissent entrer l'éclat de chaque éclair comme l'embrasement de magnésium des flashes d'appareil photo, éclaboussant d'une lumière blanche chaque recoin, jetant les ombres sur le plancher gris. Mais la flamme de la bougie qui trône au milieu du grenier, elle, reste imperturbable.

dimanche 28 août 2011

L'armée furieuse

Encore une histoire comme sait si bien nous en concocter Fred Vargas ! Et comme chaque fois, en parallèle de l'intrigue principale (en Normandie, une affaire de meurtre ayant pour fil conducteur l'armée furieuse du seigneur Hellequin, vieille croyance locale), des intrigues secondaires qui viennent augmenter le plaisir de lire ce roman policier dans lequel le commissaire Adamsberg est plus que jamais fidèle à lui-même...

Incipit :
Il y avait des petites miettes de pain qui couraient de la cuisine à la chambre, jusque sur les draps propres où reposait la vieille femme, morte et bouche ouverte. Le commissaire Adamsberg les considérait en silence, allant et venant d'un pas lent le long des débris, se demandant quel Petit Poucet, ou quel Ogre en l'occurence, les avait perdues là. L'appartement était un sombre et petit rez-de-chaussée de trois pièces, dans le 18è arrondissement de Paris.


mercredi 10 août 2011

Dieu voyage toujours incognito

Dans la même veine que "L'homme qui voulait être heureux" (voir par ailleurs sur ce blog), Gounelle nous livre le récit d'un jeune homme qui, au bord du suicide, va être sauvé puis transformé par un homme mystérieux. Au-delà de l'histoire, il s'agit, comme dans l'ouvrage précédent, d'une très belle réflexion sur nous-mêmes, sur nos peurs, nos inhibitions, nos "conditionnements". Et l'auteur nous délivre quelques pistes, des clés, pour dépasser tout cela et, en conséquence, prendre réellement notre vie en mains.
Très beau livre, "Dieu voyage incognito" est agréable à lire. Jusqu'à la dernière ligne.

Incipit :
La nuit douce et tiède m'enveloppait. Elle me prenait dans ses bras, me portait. Je sentais mon corps se dissiper en elle. J'avais déjà le sentiment de flotter dans les airs.
Encore un pas...
Je n'avais pas peur. Du tout. La peur m'était étrangère, et si son nom me venait à l'esprit, c'était juste parce que j'avais craint son apparition au point qu'elle avait hanté mes pensées ces derniers jours. Je ne voulais pas qu'elle surgisse et me retienne, qu'elle gâche tout...
Un petit pas...

lundi 27 juin 2011

L'étrange voyage de Monsieur Daldry

Une histoire dans le plus pur style de Marc Lévy, qui nous régale encore une fois avec ce roman, qui nous transporte de Londres à Istanbul, au tout début des années 50. C'est drôle, émouvant, captivant.

Incipit :
- Je ne croyais pas à la destinée, aux petits signes de la vie censés nous guider vers les chemins à prendre. Je ne croyais pas aux histoires des diseuses de bonne aventure, aux cartes qui vous prédisent l'avenir. Je croyais à la simplicité des coïncidences, à la vérité du hasard.
- Alors pourquoi avoir entrepris un si long voyage, pourquoi être venue jusqu'ici si tu ne croyais à rien de tout cela ?
- A cause d'un piano.